Ne pas sauver, mais dépasser le capitalisme

Les gens d’abord, pas le profit !


Moins de 20 ans après sa victoire passagère dans l’affrontement des systèmes, le capitalisme doit faire face à une crise économique et financière de dimensions historiques, malgré que selon la théorie économique capitaliste dominante, le monétarisme et les »forces autoguérissantes du marché« soient censées éviter ce genre de crises.

La globalisation du capitalisme eut pour effet l’extension mondiale de la crise capitaliste qui a pris entre-temps des dimensions inconcevables il y a peu de temps encore. La violence de la crise, qui menace l’existence même du capitalisme, est le résultat d’une régulation de l’économie et de la société exclusivement orientée vers le profit.

Quand les profits, de la finance et du grand capital, et l’existence du capitalisme sont menacés, l’État intervient dans l’économie avec tous les moyens dont il dispose.

Les sommes astronomiques, que l’État injecte à coup d’actions fébriles dans les banques et trusts, ne servent pas à garantir des emplois et à relancer l’économie, mais bien à compenser les pertes des capitalistes et à préserver le système capitaliste de l’effondrement. Impossible de prévoir si cela peut réussir à long terme.

Contrairement à tous les autres partis, qui ont fait fondamentalement le choix du capitalisme et acceptent, plus ou moins, les conséquences négatives de la crise sur les travailleurs, les communistes ne visent pas le sauvetage du capitalisme, mais son dépassement. Car il ne peut y avoir de solution à la crise dans l’intérêt des salariés, sans remettre en question et remplacer le système capitaliste, qui produit toujours de nouvelles crises et qui les a résolues plus d’une fois par le passé avec la guerre, par un système socialiste fondé sur le pouvoir des travailleurs, la justice sociale, la démocratie et la paix.

C’est pourquoi, les communistes désirent mieux faire valoir leurs revendications au sein de la population travailleuse.

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Travail pour tous : revenus et salaires garants d’une vie digne

La situation sur le marché du travail s’est sensiblement détériorée ces dernières années. La moyenne du nombre de chômeurs est passée de 4.600 en 2001 à plus de 7.900 en 2004, et à 9.270 début juillet 2008. Aujourd’hui nous en sommes à 10.347, si l’on intègre les frontaliers qui, à cause de cette loi scandaleuse sur l’invalidité, sont directement "expédiés" vers le chômage et sont inscrits à l’ADEM comme travailleurs à "capacité réduite".

Si l’on y ajoute encore les demandeurs d’emploi inscrits provisoirement dans des mesures d’"occupation réduite", on arrive à plus de 12.000 hommes et femmes sans travail fixe. Actuellement, près d’un demandeur d’emploi sur deux est âgé de plus de 40 ans. 54% d’entre eux ont une faible qualification, et plus de 35% des chômeurs restent généralement plus de 12 mois sans travail. De très rapides changements radicaux s’imposent en matière de politique de l’emploi si l’on ne veut pas entamer gravement l’avenir de ces personnes.

Pour éradiquer le chômage le KPL revendique :

- la création d’emplois nouveaux pour tous ceux qui cherchent du travail et qui ont une faible qualification. Il serait ainsi opportun d’investir dans des activités économiques sous-développées telles que les productions fruticole et maraîchère ou encore la sylviculture. De même, dans les secteurs sociaux publics, des milliers de postes de travail pourraient être créés, des postes pour lesquels une grande qualification n’est pas nécessaire

- qu’en cas d’implantations de nouvelles entreprises au Luxembourg, l’autorisation d’établissement ne soit accordée que si l’entreprise embauche au moins 20% de son personnel parmi les inscrits à l’ADEM

- que les heures supplémentaires soient réduites au strict minimum, et que les entreprises où les heures supplémentaires sont régulières soient contraintes à engager de nouveaux travailleurs

- que le travail intérimaire, forme d’esclavage moderne, ainsi que tous les emplois précaires, soient abolis

- le payement du chômage pendant une période de deux ans

- la garantie pour les travailleurs, en cas de faillite, du salaire et du poste de travail, par la création d’un "pool" étatique qui y veillerait

- l’abaissement de l’âge de la retraite de 65 à 60 ans et le droit à la pension complète dès l’âge de 57 ans avec 35 ans de cotisation

- l’introduction de la semaine de 35 heures à salaire complet

- l’augmentation du salaire minimum garanti de 20%, afin de protéger les bas salaires face à une pauvreté de plus en plus répandue.

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Pour la démocratisation de notre économie et de notre société 

Les partis politiques actuellement présents à la Chambre des Députés ne reflètent nullement l’opinion de la population.

Deux exemples :

La grande majorité de la population est contre la manipulation de l’indexation des salaires et des pensions, néanmoins, le gouvernement CSV/LSAP a décidé en 2006 le gel des échéances des tranches indiciaires dans l’intérêt du capital, et jusqu’à ce jour il pratique la manipulation de l’index.

D’autre part, 43% des luxembourgeois ont voté contre le traité constitutionnel de l’Union européenne, mais à la Chambre des Députés, tous les députés des partis représentés ont voté pour. 

Dans le domaine économique il n’existe pas de cogestion démocratique, et ainsi la plus grande partie du bénéfice n’aboutit pas dans des projets de société, mais dans les poches de quelques actionnaires.

A cause des connivences existant entre les partis politiques et les actionnaires des entreprises et des banques, les capitalistes et les patrons ont une grande influence sur la politique, ils empêchent les améliorations sociales pour les travailleurs et réussissent à faire mettre en pratique une politique contre le droit du travail et les droits sociaux. Pour mieux défendre ce système corrompu, injuste et dirigé contre les intérêts des travailleurs, les partis représentés au parlement se sont "procurés" des millions d’euros pour financer leurs partis, des millions qu’ils vont bien entendu investir dans leurs campagnes électorales, pour empêcher des changements démocratiques et progressistes. Il est inutile d’ajouter que tous ces partis sont favorables au système capitaliste actuel.

Le KPL exige :

- la nationalisation des grandes entreprises, des banques et des secteurs énergétique et de l’eau. L’économie doit fonctionner dans l’intérêt de la grande majorité des citoyens et dans l’intérêt d’une justice sociale. Les bénéfices doivent être utilisés pour créer de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois, pour des salaires équitables et pour un élargissement des structures dans les différents domaines de la société.

- la création d’une banque publique du Benelux, qui devra avoir pour mission de soutenir les petites et moyennes entreprises, de financer les logements sociaux, de favoriser la création de nouvelles entreprises et de refinancer les entreprises en proie à des difficultés conjoncturelles, lorsque des perspectives subsistent. En même temps, le bénéfice des actionnaires doit être strictement limité et les droits des travailleurs doivent être accrus.

- l’extension des droits des travailleurs dans l’économie ainsi que le droit de véto pour les délégations ouvrières lors de licenciements et délocalisations de productions.

Pour accroître la démocratie, le KPL exige :

- l’éligibilité de toutes les fonctions au sein de l’Etat

- l’abolition du service de renseignement

- la reconnaissance obligatoire des résultats des référendums par la Chambre des Députés

- le droit d’éligibilité des jeunes à partir de 16 ans

- la création d’une seule circonscription de vote lors des élections législatives

- l’adaptation du nombre de députés à l’évolution de la population - l’inscription des droits sociaux de l’homme dans la Constitution

- l’octroi de la double nationalité et de la nationalité luxembourgeoise, avec droits et devoirs y afférents, après un séjour de trois ans dans le pays, à condition d’avoir une connaissance du français et une connaissance passive du Luxembourgeois

- la séparation de l’Etat et des églises.

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Un organisme de santé pour tous

Une analyse de la pauvreté au Luxembourg par la Chambre du Travail, révèle que de plus en plus de gens sont contraints de renoncer à un traitement médical pour des raisons financières. C’est un signe de pauvreté pour un gouvernement dont le ministre de la Santé avait promis, lors de son accession au pouvoir, de grandes réformes au profit des assurés. Malheureusement on en est resté aux déclarations d’intention. Car, hormis la loi sur la «défense de fumer» dans les restaurants et les lieux publics et les synergies dans le domaine hospitalier, les réformes attendues depuis belle lurette dans les services d’urgence ne sont toujours pas arrivées, la politique du ministre LSAP ayant été plutôt faite de grandes déclarations d’intention, de promesses, de campagnes de sensibilisation et de scandales (CHL et CHNP). Il est clair que les promesses aux assurés n’ont pas été tenues. Ni les prix exorbitants des médicaments, ni l’augmentation des tarifs des prestations médicales n’ont été arrêtés, les situations précaires n’ont pas été éliminées.

Voilà pourquoi nous exigeons :

- l’étatisation de toutes les structures médicales privées

- la formation d’un plus grand nombre de généralistes

- l’introduction généralisée du «tiers payant»

- l’abolition de toutes les participations des assurés pour les médicaments et les prestations médicales

- l’extension d’une médecine indépendante du patronat, de la médecine scolaire, de la médecine de l’environnement, ainsi que de la médecine préventive et du thermalisme social

- l’extension du service SAMU

- l’abolition des tarifs spéciaux, devenus de plus en plus fréquents, au travers de la soi-disant convenance personnelle (CP)

- l’abolition des différentes classes et subsides dans les hôpitaux - la désindexation des honoraires des médecins

- une augmentation du nombre de lits en médecine palliative

- une simplification et une plus grande transparence sur les modalités de l’invalidité, toutes les directives dirigées contre le salariat sont à rayer du texte de loi, afin que tous ceux qui pour des raisons de santé ont droit à la pension d’invalidité puissent en bénéficier

- l’abolition des nouvelles dispositions sur les prestations en cas de maladie.

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Arrêt immédiat de la manipulation de l’index!

L’index (adaptation des salaires, des revenus et des pensions à l’évolution des prix) est un des acquis sociaux le plus importants du mouvement ouvrier de notre pays, même si le système indiciaire actuel ne garantit plus, en raison de nombreuses manipulations dont il a fait l’objet, une adaptation adéquate à l’évolution de l’inflation.

Lorsque la tripartite et le Parlement décidèrent, en 2006, une manipulation de l’index, la non-adaptation des allocations familiales à l’index et d’autres mesures d’austérité, le KPL a été le seul de tous les partis politiques qui mena campagne contre le démontage social et le vol de l’index. Le KPL montrait que la manipulation de l’index, malgré une situation économique excellente, était un ««cadeau» de plusieurs centaines de millions d’euros par an au patronat, contrairement aux travailleurs qui, entre 2006 et 2009, ont été trompés et dépouillés d’un montant équivalant à un demi salaire mensuel.

Le KPL s’est toujours efforcé d’informer les salariés sur cette manipulation indiciaire et exigé une action commune de toutes les forces syndicales, politiques et sociales, afin de rétablir immédiatement l’index et d’empêcher définitivement toute manipulation.

Le KPL exige :

- l’arrêt immédiat de la manipulation de l’index et le rétablissement intégral du mécanisme indiciaire

- le dédommagement pour les pertes de revenu subies à cause de ces manipulations

- l’adaptation des salaires, des revenus et des pensions, de 2,5% depuis le mois où l’adaptation est due

- l’introduction d’une tranche indiciaire minimale calculée sur base d‘un salaire minimum et demi, et ceci parce que les personnes à revenus modestes soufrent plus de l’explosion des prix

- donner une plus grande importance aux biens de consommation courante, aux loyers, aux frais de chauffage et aux dépenses médicales dans la balance indiciaire

- une lutte permanente contre l’augmentation incontrôlée des prix et le blocage des prix sur tous les articles de consommation courante.

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Lutte pour la paix et pour l’abolition de l’OTAN

Plus de 63 ans après la fin de la 2ème guerre mondiale, il n’existe toujours pas de paix dans le monde. Les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN mènent actuellement des guerres en Irak et en Afghanistan, soutiennent la politique agressive d’Israël et de la Géorgie contre leurs voisins, stationnent de nouveaux systèmes de fusées en Europe centrale et en Asie. Au mépris de toutes les promesses faites, les armes nucléaires n’ont pas été abolies, mais au contraire, des armes nucléaires toujours plus dévastatrices sont mises au point. Dans les environs très proches de notre pays, en France, en Belgique et en Rhénanie Palatinat, des armes nucléaires menacent notre sécurité. Les dépenses militaires du Luxembourg sont aujourd’hui nettement plus importantes que pendant la «guerre froide». Des soldats luxembourgeois sont stationnés dans les Balkans, en Afghanistan et dans d’autres pays où, selon nous, ils n’ont rien à y faire, ni rien à y chercher.

Pour nous communistes,
la seule et unique politique de paix implique:

- la réduction drastique de toutes les dépenses militaires, en commençant par l’arrêt immédiat de l’achat d’un avion militaire de transport et de tout autre matériel militaire

- le retrait de tous les soldats luxembourgeois stationnés dans des territoires étrangers

- l’abolition pure et simple de l’armée

- la dissolution et le démantèlement de toutes les installations militaires au Luxembourg

- la sortie du Luxembourg de l’OTAN - la dissolution de l’OTAN et de tous les pactes militaires qui seront remplacés par un système universel de sécurité collective dans le cadre de l’Organisation des nations unies

- la création d’une zone dénucléarisée en Europe comme premier pas vers une dénucléarisation globale ainsi que l’abolition de toutes les armes nucléaires

- l’abolition de toutes les armes de destruction massives, des bombes à sous-munitions, mines, etc.). 

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Pour une école publique, laïque et de l’égalité des chances

Au lieu de transformer l’enseignement dans la perspective de plus d’égalité des chances et de plus de transparence, le gouvernement a :

- compliqué davantage les structures en créant d’autres types d’écoles

- créé un système aberrant de notes scolaires et accentué encore davantage le caractère de classe de l’enseignement

- réintroduit le cours de religion comme branche de promotion

- entamé la privatisation de l’école publique

Voilà pourquoi le KPL exige :

- la création d’une école globale publique pour tous (6 années de primaires et un tronc commun de 3 années de lycée) avec comme base d’enseignement et comme priorités les sciences sociales et humaines, les sciences naturelles ainsi qu’une valorisation et formation des facultés manuelles

- qu’il y ait un passage fluide entre les différentes classes. Un élève passe à la classe supérieure dans toutes les branches où ses notes sont suffisantes, mais reste cependant à ce niveau dans les branches où celles-ci sont insuffisante ; l’élève devant cependant participer à des cours d’appui afin d’atteindre, aussi rapidement que possible, le niveau de la classe supérieure

- l’engagement de beaucoup plus d’enseignants et la création de classes avec des effectifs nettement inférieurs

- la gratuité complète de l’école globale (cahiers, livres et autre matériel scolaire)

- l’augmentation du budget de l’Education nationale de l’ordre de 30% endéans les 4 ans

- la séparation de l’Ecole et des églises, il ne doit y avoir ni cours de religion, ni symboles religieux dans les écoles

- la participation du corps enseignant et des syndicats à l’élaboration des programmes et à l’organisation scolaire

- l’arrêt de la privatisation de l’école sous le couvert d’une soi-disant «autonomie scolaire», qui rend les écoles de plus en plus dépendantes de «sponsors privés» et de leurs intérêts

- la création d’une école publique pour l’enseignement des adultes auprès de l’Université de Luxembourg.

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Aide d’urgence pour les nécessiteux

Il y a toujours plus de chômeurs, plus de personnes touchant de bas salaires, plus de bénéficiaires du RMG, plus de surendettés et toujours davantage de gens qui, mois après mois dépendent du bureau communal d’assistance, et ce à cause des loyers astronomiques, des prix toujours plus élevés pour les aliments de base, ainsi que pour l’eau, l’électricité, le gaz, la voirie, l’essence, l’impôt sur la voiture, la garde des enfants. Sous ce gouvernement des dizaines de milliers de personnes ont vu leur situation se détériorer dramatiquement, la plupart ne pouvant même plus se permettre le nécessaire.

L’Office des statistiques a constaté qu’entre-temps 14% de la population vit à la limite ou en dessous du seuil de pauvreté, ce qui a des conséquences négatives sur les conditions de logement, le travail, la santé, l’alimentation, les enfants et sur la participation à la vie sociale.

Il faut arrêter d’urgence cette évolution, et l’État doit prendre des mesures pour aider davantage les nécessiteux et éradiquer la pauvreté.

Pour cette raison le KPL exige:

- des subsides de l’État aux individus et aux familles de manière a ce que personne n’ait à vivre sous le seuil de pauvreté ou risque de tomber sous le seuil de pauvreté

- l’introduction d’un passeport social pour personnes nécessiteuses, qui leur permette d’accéder gratuitement à l’assistance et aux soins médicaux et hospitaliers, à l’utilisation de crèches et des transports publics, aux livraisons d’eau, d’électricité, de gaz et de fioul domestique, ainsi qu’aux activités et manifestations culturelles et sportives

- moins de bureaucratie dans l’aide sociale

- l’amélioration du conseil, de l’assistance et de la prévention du surendettement

- la création d’une Banque d’État, indépendante des autres banques, qui puisse accorder des microcrédits jusqu’à 15.000 € remboursables en 10 ans maximum

- La reconnaissance légale de l’insolvabilité personnelle.

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Pour une politique fiscale juste

Le gouvernement CSV/LSAP s’était présenté en 2004 avec la promesse de ne pas procéder à des augmentations d’impôts. Depuis lors, on a augmenté les accises et la TVA sur une série de produits et de services, et les salariés ont dû payer plus d’impôts puisque jusqu’en 2008 le gouvernement n’a pas adapté les barèmes d’impôt à l’inflation

Parallèlement à cela, le gouvernement CSV/LSAP (tout comme précédemment le gouvernement CSV/DP) fit d’énormes cadeaux au capital financier, de manière à ce qu’une plus grande partie encore aille dans la poche des actionnaires.

Cela mena, entre 2002 et 2007, à un recul de 49% à 38% de la part de l’impôt sur les sociétés dans la masse des impôts directs, alors que la part de l’impôt sur les revenus des salariés passa de 51 à 62% des impôts directs.

Les communistes veulent une politique fiscale juste et exigent :

- l’adaptation annuelle des barèmes fiscaux à l’inflation ;

- l’introduction d’un impôt négatif pour les salariés à faible revenu;

- la dispense de l’impôt pour les salaires inférieurs au salaire social minimum ;

- l’abolition de la discrimination fiscale envers les ménages monoparentaux, les divorcés, les célibataires et les veufs/veuves;

- l’abolition de l’injuste double imposition et l’introduction de l’imposition individuelle des couples salariés vivant en communauté maritale ou autre (p. ex. PAX) ;

- le maintien de la progressivité de l’impôt et la réintroduction du taux d’imposition maximum de 56%, tel qu’il l’était jusqu’en 1991;

- une imposition plus élevée des riches et du capital financier (comme détaillé au chapitre «Comment financer les revendications du KPL».

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Réaliser suffisamment d’habitations abordables

Une grande pénurie d’habitations à portée des revenus modestes et moyens, ainsi que des loyers exorbitants, constituent deux problèmes qui tourmentent beaucoup de monde.

Les causes en sont bien connues : dans le système capitaliste, le logement n’est pas un droit fondamental, mais une marchandise qui peut servir à enrichir les propriétaires privés ; le terrain constructible devient toujours plus cher parce que les spéculateurs s’enrichissent scandaleusement ; les logements abordables manquent parce que les promoteurs immobiliers réalisent d’immenses profits avec la construction d’habitations pour les nantis ; beaucoup de loyers sont trop élevés parce que les propriétaires exploitent la carence de logements et que le gouvernement n’a rien fait pour éviter la spéculation sur les terrains constructibles et sur l’immobilier et rien non plus pour construire suffisamment de logement public.

Le « pacte du logement » du gouvernement avec les communes est tellement irréaliste, que même Syvicol, le syndicat des 116 villes et communes, dans lequel les maires et échevins des partis au pouvoir sont présents, l’a vivement critiqué.

Pour les communistes, le droit à un logement suffisamment spacieux, équipé d’un minimum de confort, à un prix abordable, est un droit fondamental. Une habitation ne doit pas être un objet de spéculation.

Pour cette raison le KPL exige:

- la construction de 20.000 logements publics locatifs endéans les 5 prochaines années ;

- le plafonnement des loyers pour les logements à 10% des revenus des locataires ;

- l’allocation d’un subside échelonné pour les locataires d’habitations privées, couplé à leur revenu et à la taille de l’habitation ;

- la nationalisation d’habitations laissées vides durant plus de deux ans, si leur propriétaire refuse de les louer ;

- une modification de la loi de location dans le sens d’une réduction sensible du prix du mètre carré habitable pour les habitations construites avant 1960 et/ou inférieures à 100 m2 habitables ;

- création d’une réserve publique de terrains constructibles et introduction d’un impôt sur la spéculation sur les terrains constructibles ou pouvant le devenir, qui corresponde à l’accroissement effectif de leur valeur ;

- création d’offices de logements communaux qui fonctionnent aussi comme agences pour l’attribution de logements locatifs ;

- généralisation du bail emphytéotique ;

- augmentation des subsides de l’État, couplés au revenu, à la fabrication privée de maisons unifamiliales et à la construction ou à l’achat d’habitations ne dépassant pas 100 m2.

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Pour la protection du climat, pour la sécurité énergétique

La question du climat et de l’énergie ne peut être résolue qu’au niveau international et doit s’orienter, non pas en fonction des coûts pour les trusts, mais bien en faveur de la sauvegarde de l’environnement pour les générations futures. Pour cette raison les communistes s’engagent en faveur d’une nouvelle économie mondiale solidaire. La protection de l’environnement et la sécurité énergétique exigent la paix, la coopération, des économies d’énergie et une reconversion accélérée dans les énergies renouvelables.

Au niveau national les communistes
se prononcent en faveur de :

- l’abaissement rapide et décisif du taux de CO2 et autres gaz à effet de serre ;

- l’arrêt du trafic luxembourgeois des droits de polluer aux dépens des pays en voie de développement ;

- l’adaptation progressive de toute l’économie (Industrie, Production/distribution d’énergie, agriculture, sylviculture, viticulture, construction, etc.) au réchauffement climatique qui, dans le système capitaliste, malgré des réductions massives de CO2, ne peut être arrêté ;

- la socialisation de toutes les entreprises dans le secteur de l’énergie, afin de permettre un approvisionnement sûr, qui préserve l’environnement et soit à la portée de tous ;

- la reconversion de l’agriculture conventionnelle en agriculture biologique ;

- l’encouragement de la production vivrière au Luxembourg ;

- l’interdiction des semences et cultures génétiquement modifiées; 

- l’interdiction des brevets sur des composants animaux et végétaux ;

- la promotion du transport public (développement du réseau ferroviaire dans tout le pays, raccordement souterrain du centre de la capitale aux chemins de fer, construction de lignes de tramway partout où c’est utile et nécessaire ;

- le développement des pistes cyclables dans les localités et leur interconnexion à travers tout le pays.

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Comment financer les revendications du KPL

Le reproche que les revendications des communistes sont bonnes, mais impossibles à financer, n’est pas justifié. Une chose est claire : qui ne reprend rien au grand capital et aux fortunés, ne peut rien donner aux travailleurs et aux pauvres.

Le KPL relève ce défi en faveur de la justice sociale et pour ce faire exige :

- l’introduction d’une TVA sur toutes les transactions boursières ;

- la taxation accrue des profits du grand capital et du capital financier ;

- la réintroduction de l’impôt sur la fortune ;

- l’introduction d’un impôt sur la spéculation foncière ;

- l’introduction de contributions sociales accrues sur le capital proportionnellement au chiffre d’affaires et au profit;

- la participation du capital au financement de la Caisse nationale des Prestations familiales et de l’Assurance soins et dépendance ;

- une réduction radicale des dépenses militaires ;

- une lutte sérieuse et conséquente contre l’évasion et la fraude fiscales ;

- la cessation du financement public des églises, institutions et associations religieuses.

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Pour la création d’une Europe démocratique et solidaire

L’Union Européenne a toujours été, depuis la création de son organisation fondatrice, la CECA, en 1951, une structure servant exclusivement les intérêts des banques, des trusts et des gros industriels, en contradiction avec les intérêts vitaux des travailleurs. Cette union avait dès le début, pour seul et unique but, d’assurer aux banques et aux trusts les meilleures conditions leur permettant de réaliser des profits toujours plus gros. Toutes les décisions de l’UE ou des organisations qui la précédèrent, y compris l’abolition des frontières dans l’espace Schengen ou l’introduction de l’Euro ont toujours été subordonnées à ce but. 

Aussi bien le mode de fonctionnement, que les prises de décisions à l’intérieur de l’UE continuent à ignorer un bon nombre de principes démocratiques. Les décisions de la conférence au sommet des chefs d’état et de gouvernement des pays de l’UE sur, l’ainsi nommé, Traité de Lisbonne corroborent le développement de l’UE en direction d’un bloc économique, militaire et politique, qui s’oppose aux intérêts des travailleurs et des peuples en général. L’UE y parvient principalement en accélérant sa militarisation, la libéralisation des marchés, l’exacerbation de la concurrence, ainsi que le démontage et la privatisation des services publics dans l’intérêt des grands groupes capitalistes.

Le KPL est persuadé que l’UE ne saurait être reformée.

– Ensemble avec nombre d’autres partis d’Europe, le KPL se prononce pour la dissolution de l’UE dans sa forme actuelle et pour une nouvelle structure favorable à tous les peuples d’Europe et dans l’intérêt des travailleurs.

Le KPL exige par conséquent
les mesures immédiates suivantes : 

- Abandon du «contrat de Lisbonne» et respect du choix majoritaire des votants français, néerlandais et irlandais ;

- Retrait de toute décision visant à faire de l’UE une puissance militaire et abandon de toute obligation d’armement des pays membres ;

- Arrêt du démontage social et du chômage de masse.

- Suppression de la «forteresse Europe», des règles communes pour l’immigration et accroissement substantiel des budgets en faveur des pays maintenus en état de sous-développement ;

- Renforcement et démocratisation de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).